Coucou tout le monde!
Après avoir laissé crever mon blog plus de deux semaines, l'envie m'est soudainement venue de vous parler d'un anime que j'ai autant détesté qu'adoré au fur et à mesure de son visionnage. Je dois la découverte de cette série quelque peu underground (et en même temps pas du tout) à X, sans aucun doute possible mon meilleur contact pour ce qui est de débusquer du manga bien glauque à travers l'opacité des niaiseries du genre One Piece qui monopolisent actuellement la toile.
Guilty Crown est un anime pondu par les Productions I.G. (que les otakus du coins connaissent notamment pour Ghost in the Shell, Pokemon Origins, ou encore la partie animée bien sanglante dans Kill Bill I). Diffusé pour la première fois dans les environs de 2011, il m'est encore aujourd'hui difficile de déterminer si il s'agit d'un shonen ou d'un seinen. "Ranger l'oeuvre dans une case ne fait qu'en affadir la saveur", me répondrez vous sans doute. J'entends bien, mais dans ce cas, comment se forger un avis solide, si l'on a pas l'enclume adéquate sur laquelle se baser?
Mais c'est assez de théorisation sur l'exaltation du psyché humain. Sans plus attendre, voici mon petit pavé rétrospectif sur un ascenseur émotionnel à 22 étages.
Tokyo, 2039. Shū Ouma, lycéen, sans grandes compétences notables (bah tiens!), tente de vivre une vie normale dans un Japon fragilisé par une terrible maladie qui a bousillé le pays dix ans plus tôt. Alors que la population est soumise à une étroite surveillance des autres pays qui n'hésiterons pas à raser la carte au premier signe de reprise d'épidémie; Shū se retrouve embarqué malgré lui dans les affaires d'un groupe de résistance, et investit d'un bien étrange pouvoir: le Void Genome. Cette étrange capacité permettra à notre looser générique de matérialiser l'âme des gens sous forme d'outils aussi diverses que variés, et souvent bien utiles...
Bon, le moins que l'on puisse accorder à l'oeuvre après quelques minutes de visionnage; c'est que la qualité de dessin et d'animations sont au rendez-vous. On est bien loin du dessin-animé économique torché à l'arrache que nos parents reprochaient à nos amis nippons il y a une vingtaine d'année. C'est propre, c'est coloré comme il faut, c'est fluide, c'est beau. Jusqu'ici, tout va bien.
Mais alors que le premier épisode laisse place au générique (qui atteste d'une bande-son par-ailleurs soignée), une pensée traversera certainement votre esprit:
"Bordeeeeel, mais qu'est ce que c'est que ce foutoir?!"
C'est quoi ce délire avec les dreadnought de WK40 boostés aux OGM's et montés sur des rollers? Pourquoi y'a une hackeuse avec des oreilles de chat? Pourquoi y'a la Soul Calibur planquée entre les nichons de la nana aux cheveux roses? Et d'ailleurs, c'est qui la nana aux cheveux roses? Mais surtout: Comment est ce qu'un putain de lycéen qui n'a jamais eu à se friter de sa vie se retrouve soudain capable de réaliser des sauts à la Matrix et de délivrer des coups d'épée dans la gueule dignes d'un Dovakhin élevé aux hormones?
N'attendez pas de réponse de ma part, hein. Y'en a pas. C'est déjà à peine si l'on trouve assez de place pour un scénario.
C'est en effet le petit défaut classique de l'anime au format modeste. Ça va vite, très vite. Alors que Naruto et Bleach engraissent leurs saisons à coup de flashbacks inutiles et de hors sujets frustrants, les réal' d'animes à franchise plus légère se voient obligés de compacter une intrigue parfois très riche et complexe dans un nombre assez réduit d'épisodes. Des concessions sur la logique et quelques raccourcis scénaristiques sont ainsi souvent employés, au grand dam' du public averti, et malgré un univers qui se veut assez riche.
Et oui, c'est comme ça les copains. Bienvenue au 21ème siècle, où la qualité d'une oeuvre s'évalue par les intentions d'achat et les spéculations sur l'audimat.
Vous croyez que j’exagère? Faites un tour dans le métro parisien! Demandez vous pourquoi les affiches de One Man Show périssables et de mises en scène de Feydeau recyclées 20 fois sont bien plus récurrentes que celles d'un bon vieux Brecht ou d'un Corneille. Tout le monde en fait, ça se vend, ça se retape sans fin, ça continue à se vendre, et surtout, on se casse moins le cul que si on devait inventer quelque chose de nouveau (ou pire, faire du neuf avec du vieux! beurk beurk beurk!).
Mais l'on s'écarte un peu du sujet.
L'histoire se débrouille pour tenir debout, malgré tout, et poser de temps en temps la récurrente question des sacrifices et des responsabilités dans un climat de génocide permanent. C'pas le thème le plus original du monde, mais les notions de devoir et de culpabilité sont couplés et abordés d'une manière tangible et intéressante.
Certains personnages se révèlent particulièrement complets, attachants ou ambigus, voir les trois à la fois. D'autres, comme Shū ou Inori (la nana aux cheveux roses), en leur qualité de potiches génériques et facilement identifiables pour le jeune public, sont d'un inintérêt navrant, aux premiers abords. Leur charisme de poignée de porte y est sans aucun doute pour quelque chose.
Je n'ose développer plus avant, chers lecteurs, de peur de vous gâcher quelque révélation de l'intrigue (rapide, mais pas dégueulassement tissée, il faut bien l'admettre). Vous aurez remarqué qu'il m'est malaisé de me positionner sur cet anime, aussi bourré de clichés, de conventions, que capable de très positivement vous surprendre.
Je vous encourage cependant à tenter l'expérience par vous même, quit à ne regarder la série qu'une fois en coup de vent. Car même si il faut inexorablement constater les nombreux points faibles de l'oeuvre, on s'accorde en général sur le fait qu'elle mérite tout à fait d'être défendue et portée à un plus large public. Public qui saura sans doute mieux que moi l'apprécier à sa juste valeur.
Bis bald, chers lecteurs, et à la prochaine.
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mercredi 23 avril 2014
mardi 14 janvier 2014
Splice, ou: De la vertu curative d'un bon essai d'anticipation pas totallement foiré
Nous ne sommes que lundi, et déjà, la semaine s'annonce foutrement à chier. Les harpies de ma boite viennent de me faire passer une réunion-supplice de deux heures. Mais il s'agit certainement pour moi de la dernière. J'ai décidé de trouver autre chose, un travail gratifiant, des collègues honnêtes et bienveillants avec de la reconnaissance à la clé. Oui, oui, je sais. Dans le secteur social, on peut toujours rêver!
Alors, je ré-imprime des CV sans trop d'espoir quand même, avec l'amer sentiment de défaite qui vient me hurler à la gueule que c'est une sacrée régression trois ans en arrière. Un bon vieux retour à la case départ. C'est peut-être mieux ainsi. Ce doit être la juste contrepartie, un coup de pied dans les burnes, lorsque l'on vient d'esquiver la castration.
Dans la détresse, j'appelle K.
K, c'est ma pote, ma soc', ma gueule, ma couillasse. Le genre de nana avec qui tu peux juste t'affaler sur un canapé, une bière à la main, et cracher gratuitement sur la société. Lorsque ça va mal, rien de mieux que de se retrouver avec elle et quelques autres potes pour refaire le monde autour d'un oinj' et d'une partie de Borderlands.
Une demie-heure plus tard, on se retrouve dans son appart' autour d'un grec-frites, à chialer sur nos sorts respectifs. Et en notre qualité d'archétypes de la génération sacrifiable, on décide de lancer un film, histoire de se changer les idées, d'oublier un peu que l'on appartient à un monde qui ne semble pas prêt d'avoir besoin de nous.
K. farfouille dans son inquantifiable étalage de DVD's. A la manière d'une archéologue, elle creuse méticuleusement parmi ce monstrueux amas d'animes japonais, de blockbusters d'actions, et de thrillers plus ou moins bien ficelés oubliés par l'histoire et le grand public. Enfin, elle pousse un cri de victoire, et me brandit au visage ce qui semble être une pièce maîtresse de sa collection.
"Tu connais ce truc? me demande-t-elle. Franchement, je suis incapable de dire si tu vas aimer."
Patibulaire, je jette un œil à l'arrière de la boite.
Guillermo Del Toro en Co-Prod?... C'est un argument. Ce type a l’œil pour les histoires affreuses mais pas forcément gorissimes qui viennent encore hanter votre inconscient des semaines après.
On y parle de génétique, d'éthique et de mutation? Miam, ça s'annonce nanardesque, et pourtant pas totalement niais. Intriguant... Je me dis que ce film mérite une chance.
Je tends le DVD à K., qui déjà était en quête d'une production un peu plus légère:
"-Balance-nous ça, on verra bien. J'espère que ça pisse le sang, j'ai envie de faire de beaux rêves cette nuit.
-Fuck yeah, approuve K., en appuyant sur Play."
A la base, j'étais censé vous parler de bouquins et de mes différents projets de peinture, d'écriture... Oui mais voilà, entre temps, cet OVNI cinématographique est passé entre mes mains. Et après lecture de nombreuses critiques sur le net on ne peut plus contrastées, j'ai trouvé intéressant de vous scribouiller un petit quelque chose à propos de ce film dont la plupart d'entre vous n'ont certainement qu'entr'appercu la bande annonce; ou encore une affiche vaguement dissimulée dans un coin de votre cinéma local... Je ne pense pas briser un tabou absolu chez les amateurs de SF en avançant que l’échec de ce film est en grande partie du au fait que l'on a pas trop cherché à lui donner sa part de crédit, ou du moins une véritable chance de percer.
Splice nous a été pondu en 2009 par Vincenzo Natali, notamment connu du grand public pour Cube, et pour pas grand chose d'autre, ce qui se révèle regrettable.
On y retrouve avec joie ce cher Adrien Brody, dont la performance dans Le Village m'avait tout simplement bluffé.
Mais c'est assez d'étalage du cast' et de la réal', vous êtes suffisamment grands pour chercher une fiche technique tout seuls, passons au point fort et en même temps au talon d'Achille du film: l'histoire.
La thématique, on la connait, on hurle au déjà vu dès les dix premières minutes. Un couple de généticiens complètement cheatés parvient, Dieu sait comment, à synthétiser les ADN d'animaux différents pour créer des espèces inédites. Les époux se préparent alors à relever l'un des plus ambitieux défi qu'offre la science: la création d'un hybride en partie humain, dont la naissance pourrait marquer la fin de nombre de maladies génétiques telles que le cancer, Parkinson.... Bon, jusque là, rien de très nouveau. C'est un enjeux bien tranché et générique que l'on a exploité des milliers de fois au cinéma.
Le fait est que la créature, baptisée Dren, s'avère dotée d'un vieillissement accéléré et d'une intelligence beaucoup plus développée que ce qui était prévu... C'est là que tout bascule, et que l'on peut réellement apprécier la dimension glauque du débat proposé. Au fur et à mesure que l'intrigue avance et que Dren grandit, la frontière entre l'humain et l'animal s’amenuise et pourtant reste entière... Est-elle guidée par l'instinct, par les sentiments? Un peu des deux, peut-être? La conscience, dans tout ça? Et notre joyeux couple de scientifique a-t-il eu raison de donner vie à un tel casse-tête biologico-déontologique?
Pour citer le film, "On ne parvient plus à différencier ce qui est bien de ce qui est mal".
Je vous laisse apprécier (tout relativement, on ne peut pas parler d'un happy end) les trente dernières minutes, qui finiront de vous détruire psychologiquement, si une émission de télé-réalité ne s'en est pas chargée avant.
Pour conclure, Splice me parait être une oeuvre rangée bien trop vite au rang de série Z. Malgré une introduction pré-mâchée, le film offre matière à une véritable piste de réflexion, que vous soyez branché débat "place de l'éthique dans le monde de la science", ou que vous préfériez simplement vous adonner à une sympathique séance de philosophie de comptoir entre potes. A ne pas voir seul, en tout cas, pour éviter de se foutre en l'air à coup de Xanax pour les deux semaines qui suivent.
Pour ma part, j'ai pas l'impression d'avoir perdu ma soirée, et j'ai jugé que ce drôle de machin boiteux, touchant et répugnant à la fois avait tout à fait sa place dans ma caverne.
Alors, je ré-imprime des CV sans trop d'espoir quand même, avec l'amer sentiment de défaite qui vient me hurler à la gueule que c'est une sacrée régression trois ans en arrière. Un bon vieux retour à la case départ. C'est peut-être mieux ainsi. Ce doit être la juste contrepartie, un coup de pied dans les burnes, lorsque l'on vient d'esquiver la castration.
Dans la détresse, j'appelle K.
K, c'est ma pote, ma soc', ma gueule, ma couillasse. Le genre de nana avec qui tu peux juste t'affaler sur un canapé, une bière à la main, et cracher gratuitement sur la société. Lorsque ça va mal, rien de mieux que de se retrouver avec elle et quelques autres potes pour refaire le monde autour d'un oinj' et d'une partie de Borderlands.
Une demie-heure plus tard, on se retrouve dans son appart' autour d'un grec-frites, à chialer sur nos sorts respectifs. Et en notre qualité d'archétypes de la génération sacrifiable, on décide de lancer un film, histoire de se changer les idées, d'oublier un peu que l'on appartient à un monde qui ne semble pas prêt d'avoir besoin de nous.
K. farfouille dans son inquantifiable étalage de DVD's. A la manière d'une archéologue, elle creuse méticuleusement parmi ce monstrueux amas d'animes japonais, de blockbusters d'actions, et de thrillers plus ou moins bien ficelés oubliés par l'histoire et le grand public. Enfin, elle pousse un cri de victoire, et me brandit au visage ce qui semble être une pièce maîtresse de sa collection.
"Tu connais ce truc? me demande-t-elle. Franchement, je suis incapable de dire si tu vas aimer."
Patibulaire, je jette un œil à l'arrière de la boite.
Guillermo Del Toro en Co-Prod?... C'est un argument. Ce type a l’œil pour les histoires affreuses mais pas forcément gorissimes qui viennent encore hanter votre inconscient des semaines après.
On y parle de génétique, d'éthique et de mutation? Miam, ça s'annonce nanardesque, et pourtant pas totalement niais. Intriguant... Je me dis que ce film mérite une chance.
Je tends le DVD à K., qui déjà était en quête d'une production un peu plus légère:
"-Balance-nous ça, on verra bien. J'espère que ça pisse le sang, j'ai envie de faire de beaux rêves cette nuit.
-Fuck yeah, approuve K., en appuyant sur Play."
A la base, j'étais censé vous parler de bouquins et de mes différents projets de peinture, d'écriture... Oui mais voilà, entre temps, cet OVNI cinématographique est passé entre mes mains. Et après lecture de nombreuses critiques sur le net on ne peut plus contrastées, j'ai trouvé intéressant de vous scribouiller un petit quelque chose à propos de ce film dont la plupart d'entre vous n'ont certainement qu'entr'appercu la bande annonce; ou encore une affiche vaguement dissimulée dans un coin de votre cinéma local... Je ne pense pas briser un tabou absolu chez les amateurs de SF en avançant que l’échec de ce film est en grande partie du au fait que l'on a pas trop cherché à lui donner sa part de crédit, ou du moins une véritable chance de percer.
Splice nous a été pondu en 2009 par Vincenzo Natali, notamment connu du grand public pour Cube, et pour pas grand chose d'autre, ce qui se révèle regrettable.
On y retrouve avec joie ce cher Adrien Brody, dont la performance dans Le Village m'avait tout simplement bluffé.
Mais c'est assez d'étalage du cast' et de la réal', vous êtes suffisamment grands pour chercher une fiche technique tout seuls, passons au point fort et en même temps au talon d'Achille du film: l'histoire.
La thématique, on la connait, on hurle au déjà vu dès les dix premières minutes. Un couple de généticiens complètement cheatés parvient, Dieu sait comment, à synthétiser les ADN d'animaux différents pour créer des espèces inédites. Les époux se préparent alors à relever l'un des plus ambitieux défi qu'offre la science: la création d'un hybride en partie humain, dont la naissance pourrait marquer la fin de nombre de maladies génétiques telles que le cancer, Parkinson.... Bon, jusque là, rien de très nouveau. C'est un enjeux bien tranché et générique que l'on a exploité des milliers de fois au cinéma.
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Dren, interprétée par Delphine Chanéac, une
actrice de notre hexagone.
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Pour citer le film, "On ne parvient plus à différencier ce qui est bien de ce qui est mal".
Je vous laisse apprécier (tout relativement, on ne peut pas parler d'un happy end) les trente dernières minutes, qui finiront de vous détruire psychologiquement, si une émission de télé-réalité ne s'en est pas chargée avant.
Pour conclure, Splice me parait être une oeuvre rangée bien trop vite au rang de série Z. Malgré une introduction pré-mâchée, le film offre matière à une véritable piste de réflexion, que vous soyez branché débat "place de l'éthique dans le monde de la science", ou que vous préfériez simplement vous adonner à une sympathique séance de philosophie de comptoir entre potes. A ne pas voir seul, en tout cas, pour éviter de se foutre en l'air à coup de Xanax pour les deux semaines qui suivent.
Pour ma part, j'ai pas l'impression d'avoir perdu ma soirée, et j'ai jugé que ce drôle de machin boiteux, touchant et répugnant à la fois avait tout à fait sa place dans ma caverne.
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